Google Maps nous fait-il perdre le sens de l’orientation ?

Google Maps nous fait-il perdre le sens de l’orientation ?

Les GPS couplés aux applications de géolocalisation comme Google Maps sont-ils en train de nous faire perdre notre faculté à s’orienter ?

Dans le cerveau, il existe une structure précise qui agit comme une sorte de GPS interne, l’hippocampe. Celui-ci contient des cellules qui s’interagissent en fonction de l’emplacement des objets, de la direction que l’on souhaite prendre en fonction de notre position dans l’espace, et d’autres sensorialités.

Des études ont démontré que l’hippocampe se développe de façon différente selon l’usage de son seul sens de l’orientation ou d’un système de géolocalisation.

Serions-nous doucement en train de perdre notre sens de l’orientation ?

Alors oui, utiliser le GPS et les cartes virtuelles de navigation peuvent rendre nos cerveaux plus paresseux et nous faire perdre le réflexe d’utiliser l’information qui nous entoure, comme les panneaux de signalisation. Cela dit, Florence Level, directrice marketing chez Mappy, explique que tout le monde n’utilise pas le mode le plus passif de ces outils — celui où la voix du robot guide tous nos mouvements : « nous avons étudié les habitudes de nos utilisateurs, et nous avons constaté que certains préfèrent obtenir une vision globale et synthétique du trajet qu’ils auront à effectuer, puis se débrouillent à peu près seuls ». D’autres se dirigeront grâce à des repères remarquables, comme des monuments ou des magasins.

Nos mémoires risquent de s’appauvrir faute d’utilisation. Les nouvelles technologies sont une avancée paradoxale : elles nous permettent des progrès considérables, mais si l’on n’y prend pas garde, elles pourraient nous affaiblir. Car si l’on finit par considérer que toutes les informations sont à disposition pour tous, on ne s’embêtera plus à les synthétiser nous-mêmes. Pourtant, c’est sur ces informations que l’on se fonde pour se construire une opinion, un raisonnement, ou défendre une argumentation.

Qui n’a pas eu le réflexe d’allumer son GPS en voiture pour des trajets pourtant loin d’être inconnus et même se laisser bêtement guider, par une voix synthétique, qui nous rabâche des détails que l’on connait, comme les rues de nos quartier ?
Qui n’a pas remarqué qu’au bout de trois jours de visite dans une nouvelle ville, on a encore du mal à se repérer, dans des endroits déjà visités, sans son téléphone et son application de géolocalisation ?

Qui n’a pas eu une petite crise d’angoisse quand on perd son chemin parce que le GPS ne répond pas faute de couverture satellitaire, ou quand l’application ralentit du fait d’un débit faible pour actualiser les informations de géolocalisation ?
Il y a un véritable risque à long terme que l’on plonge dans un monde de communication qui nous dépasse, nous rendant incapable de réagir avec spontanéité. Un peu comme ce voisin qui passe devant nous, le nez sur son smartphone, et ne dit plus bonjour. Ou comme ce piéton qui, les yeux rivés sur Google Maps, ne fait plus attention à de belles choses qui ornent les rues qui l’entourent.

Inspiré d’un article paru chez Numérama